Réagissant aux questions de la presse sur la campagne de révision constitutionnelle initiée par l’UDPS, l’opposant Adolphe Muzito a exprimé sa volonté de jeter l’actuelle constitution de la RDC, qu’il considère comme « une constitution provisoire ou de transition », en faveur d’une nouvelle constitution plus adaptée aux besoins structurels du pays.
Pour Muzito, cette démarche ne doit pas se limiter à une simple révision, mais passer par un débat profond autour des réformes essentielles à intégrer dans une nouvelle charte fondamentale. Il insiste sur la nécessité que cette nouvelle constitution soit votée par une Assemblée constituante élue et promulguée par un président également élu démocratiquement.
« Si l’UDPS adhère à notre proposition de remplacer cette constitution de transition, c’est tant mieux. Mais elle ne doit pas seulement appeler au changement, elle doit aussi préciser les réformes à apporter », a-t-il souligné, appelant à un changement pour établir, pour la première fois dans l’histoire du pays, une constitution issue de véritables processus démocratiques.
Alors que certains opposants dénoncent ce débat comme une manœuvre de l’Union sacrée pour prolonger le mandat du président Tshisekedi, Muzito préfère voir les avantages qu’une nouvelle constitution pourrait apporter par rapport à celle en vigueur. Selon lui, l’actuelle constitution, adoptée par un parlement « de facto » non élu et promulguée par un président non élu, a besoin d’être remplacée par une constitution « définitive».
Les grandes lignes des réformes proposées
Muzito, candidat présidentiel numéro 24 à l’élection de 2023, avait déjà défendu lors de sa campagne la nécessité d’une nouvelle constitution pour inclure des réformes cruciales. Parmi celles-ci, on retrouve :
1. La révision du mécanisme et du taux de répartition des recettes d’origine nationale et extérieure entre l’État et les provinces, ainsi que les entités territoriales décentralisées ;
2. Le transfert effectif des compétences exclusives aux provinces, renforçant ainsi l’autonomie provinciale ;
3. Un régime politique présidentiel
inspiré de l’Afrique du Sud ou de l’Angola, mettant fin au bicéphalisme institutionnel entre le président et le Premier ministre ;
4. L’application stricte de la loi Bakajika sur les ressources foncières ;
5. Des réformes liées à la titrisation des terres pour assurer une meilleure gestion foncière ;
6. Le financement des partis politiques, afin de renforcer le système démocratique du pays.
Muzito continue de plaider pour une refonte en profondeur du cadre institutionnel du pays, estimant que seule une telle démarche permettra de répondre aux aspirations démocratiques et de développement de la République démocratique du Congo.
GNM

