Appel à la protection de la constitution : Le comité national d’ENVOL tire la sonnette d’alarme

Dans une lettre ouverte adressée aux députés, sénateurs, chefs de partis politiques, cadres de la société civile et à l’ensemble du peuple congolais, le Comité national d’ENVOL exprime sa profonde préoccupation face aux tentatives présumées de modification de la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC), en vigueur depuis le 18 février 2006.

Signée par les membres du Comité national, dont Rodrigue Ramazani, Secrétaire général d’ENVOL, la lettre dénonce des déclarations récentes qu’ils qualifient de « stratégiques et à peine dissimulées », visant à préparer un changement constitutionnel. Le document appelle les dirigeants politiques et la société civile à protéger la Constitution, qui représente selon eux « un pacte républicain » garantissant la stabilité du pays.

Un compromis historique menacé

Pour ENVOL, la Constitution de 2006 est issue d’un long processus marqué par des crises politiques et des guerres civiles, et son adoption visait à mettre fin aux luttes récurrentes pour la légitimité des institutions. Selon le comité, tout retour en arrière replongerait le pays dans une ère d’instabilité et d’autoritarisme.

L’organisation rappelle que cette Constitution est un gage de paix et de concorde nationale, et elle souligne que les manifestations de 2015 à 2018 ont démontré l’attachement du peuple congolais à ce texte. « La population s’est clairement opposée à toute révision constitutionnelle visant ses dispositions essentielles et intangibles », précise la lettre.

Un appel à la conscience et à la responsabilité

ENVOL met en garde contre les tentatives de révision de l’article 220, qui protège des principes démocratiques fondamentaux tels que le pluralisme politique, la forme républicaine de l’État, et surtout la limitation à deux mandats présidentiels. Le comité souligne que tout changement de ces dispositions serait un acte de haute trahison, rappelant les graves conséquences qu’un tel acte pourrait avoir sur la paix et la stabilité du pays.

Face à ces menaces, ENVOL en appelle à la conscience des élus et des leaders politiques afin qu’ils se désolidarisent de toute tentative de révision. « Nous devons barrer la route à toute révision constitutionnelle visant à empêcher la continuité du processus démocratique », martèle la lettre.

Des priorités ailleurs

Dans son analyse, ENVOL souligne que le contexte actuel de la RDC, marqué par des conflits armés, une crise économique et une gouvernance plombée par la corruption, devrait recentrer l’attention des autorités sur les questions essentielles comme la sécurité et les conditions de vie des citoyens.

L’appel lancé par ENVOL se veut un avertissement clair : toute tentative de révision de la Constitution serait perçue comme une remise en cause du processus démocratique congolais, et une régression vers les travers d’un pouvoir personnel et autoritaire. Les signataires concluent en réaffirmant leur volonté de défendre la démocratie et la dignité du peuple congolais, tout en rendant hommage à la mémoire de Patrice-Emery Lumumba, symbole de l’État de droit en RDC.

Le Comité national d’ENVOL invite donc les Congolais à se mobiliser pour la défense de la Constitution et de l’alternance démocratique, afin de garantir un avenir paisible et prospère pour la République démocratique du Congo.

GNM