Mbandaka: Première étape d’une longue tournée de sensibilisation des médias par le Président du CSAC, Me.Christian Bosembe

Mbandaka, Province de l’Équateur – Février 2025

C’est dans la ville de Mbandaka, capitale de la province de l’Équateur, que le président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a donné le coup d’envoi d’une vaste tournée nationale destinée à sensibiliser les médias sur les dangers de la propagande, de la manipulation et des discours haineux en période de guerre. Une initiative qui s’inscrit dans une volonté de responsabilisation du paysage médiatique congolais face aux défis sécuritaires et politiques du pays.

Des rencontres de terrain pour évaluer la situation médiatique

Dès son arrivée à Mbandaka, le président du CSAC a tenu à aller au contact des acteurs locaux en visitant plusieurs médias de la ville. Il s’est imprégné des réalités du travail journalistique sur place et a échangé avec les responsables des rédactions sur les contraintes et défis auxquels ils font face. Une halte significative a été faite à la Coordination provinciale du CSAC, où il a rappelé le rôle de l’organe régulateur dans l’encadrement du secteur et la nécessité pour les médias d’adopter une posture éthique face aux tensions politiques et sociales.

Un point de presse sur la responsabilité des médias en temps de guerre

L’un des moments forts de cette mission fut le point de presse organisé à l’intention des journalistes locaux. Dans son adresse, le président du CSAC a insisté sur la responsabilité des médias en temps de guerre, soulignant le rôle crucial de la presse dans la préservation de la cohésion nationale. Il a notamment mis en garde contre les risques liés à la diffusion de fausses informations, la manipulation de l’opinion et l’instrumentalisation des médias par des acteurs politiques ou militaires.

« Un journaliste n’est pas un soldat de la propagande, il est un serviteur de la vérité et un gardien de l’intérêt général », a-t-il martelé, rappelant que la presse doit être un rempart contre la désinformation et non un instrument de division.

Un dîner d’échange avec la presse sur la liberté et l’éthique journalistique

Dans un cadre plus convivial, un dîner d’échange a été organisé avec les professionnels des médias locaux. Ce moment de partage, marqué par une atmosphère détendue et fraternelle, a permis d’aborder en profondeur la problématique de la liberté de la presse et la responsabilité éditoriale en temps de guerre. Comment éviter les contenus nocifs ? Quelle ligne rouge ne pas franchir ? Comment concilier le devoir d’informer et la nécessité de préserver la paix sociale ?

Au-delà des discours, ce dîner a également été l’occasion pour les journalistes de briser la glace avec le président du CSAC, dans un cadre moins protocolaire, favorisant ainsi une interaction plus fluide et sincère.

Une conférence universitaire sous tension : entre responsabilité journalistique et cohésion nationale

Le point culminant de cette visite a été la grande conférence tenue à l’Université de Mbandaka en présence des autorités politico-militaires, académiques et des représentants de la presse. Placée sous le thème « Les médias sous pression : entre patriotisme et propagande », cette conférence a donné lieu à des échanges parfois vifs entre l’auditoire et le président du CSAC.

L’un des points essentiels abordés a été la responsabilité des médias en période de guerre et leur rôle dans le maintien de la cohésion nationale. Le président du CSAC a rappelé avec force que la profession journalistique ne doit jamais être un prétexte à la désinformation, à la déconstruction ou à la fracturation de l’unité nationale.

« Ce n’est pas parce qu’on est journaliste qu’on peut se permettre, au nom d’une prétendue vérité, de détruire, de diviser ou de fragiliser la nation. Quels que soient les bords idéologiques ou politiques, un journaliste n’est jamais neutre : il est avant tout patriote. Et en période de guerre, le patriotisme impose une prise de position claire. »

Le président du CSAC s’est appuyé sur la philosophie politique de Thomas Hobbes, citant un passage de Léviathan pour illustrer son propos :

« La liberté et la sécurité sont les deux pôles de toute société. Mais en temps de guerre, il faut parfois sacrifier une part de liberté pour garantir la sécurité collective. »

Un rappel nécessaire face aux dérives observées dans certains médias qui, sous couvert de liberté de la presse, contribuent à exacerber les tensions et à alimenter des discours de division.

Fustigation des dérives médiatiques et des figures politiques controversées

Au cours de la conférence, le président du CSAC n’a pas hésité à dénoncer le comportement irresponsable de certains acteurs qui se prétendent les seuls véritables défenseurs de la nation. Il a fustigé cette tendance de certains à vouloir s’arroger le monopole de l’amour du pays, tout en fragilisant sa cohésion nationale à travers des discours clivants.

Dans le même élan, il a critiqué la prise de position de l’ancien président de la République, qui, par certaines déclarations récentes, a apporté un soutien indirect aux groupes rebelles. Une attitude qui, selon lui, constitue une menace grave pour l’unité nationale et la stabilité du pays.

« Quand un ancien chef d’État prend fait et cause pour ceux qui prennent les armes contre la nation, il ne s’agit plus d’une opinion politique, mais d’un acte qui fragilise notre cohésion et met en péril notre souveraineté. »

Dans la même veine, il a également critiqué la posture de Corneille Nangaa, ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), estimant que son engagement dans des sphères antidémocratiques est une grave entorse à son parcours institutionnel.

« On ne peut pas être à la tête d’une institution d’appui à la démocratie hier et, aujourd’hui, s’inscrire dans une logique qui va à l’encontre des principes mêmes de la démocratie. »

Un début prometteur pour une tournée nationale

Cette première étape à Mbandaka marque le début d’une longue série de tournées qui s’étendront sur l’ensemble du territoire national. L’objectif : renforcer la régulation des médias, lutter contre la désinformation et promouvoir un journalisme éthique et professionnel au service de la nation.

À travers cette offensive de terrain, le président du CSAC entend instaurer un dialogue permanent avec les médias, en tenant compte des réalités locales et des défis spécifiques à chaque province. Une démarche qui se veut participative et proactive, à la hauteur des enjeux du moment.

Rédaction