L’armée congolaise s’est aussi engagée à combattre des fausses nouvelles propagées sur la toile en ce temps de guerre. Au cours d’un briefing presse organisé ce mardi 03 mars 2025, le porte-parole des FARDC, le Général-Major Sylvain Ekenge Bomusa Efomi, a qualifié de faux débat l’information selon laquelle il y aurait eu l’arrestation de certains officiers de l’espace linguistique swahiliphone. Il a fait voir que l’article 11 des dispositions du statut des militaires des Forces armées de la République stipule qu’aucun militaire ne peut faire l’objet au sein de l’armée des mesures de discrimination, mais la loi est appliquée à tout officier qui se méconduit.
Cet haut gradé de l’armée dit voir dans ces fausses nouvelles propagées l’intention de leurs auteurs de semer la division au sein des Forces armées de la République.
“(…) Il y en a [NDLR : certains officiers]
qui se distinguent par des actes amoraux, immoraux et illégaux : la compromission, le détournements des déniers publics, les détachements illégaux des militaires dans les mines et chez les particuliers chinois ou autres, les détournements, détournant ainsi ces militaires de leur mission. Imaginez qu’on réclame les effectifs et la plupart des effectifs sont dans les mines et chez les particuliers. Ça, c’est une infraction grave. Il y en a qui se sont perfectionnés dans la création des fournisseurs fictifs, dont la surfacturation et le détournement des vivres destinés aux militaires. D’autres encore se compromettent à trahison, les assassinats. Tous ces faits sont des faits graves, gravissimes même, commis par les porteurs de titre d’officier, le général de surcroît. Dans ces cas, faut-il empêcher le chef d’État-major Général des Forces armées de les interpeller et de les mettre à la disposition des services pour investigation et le cas échéant de les déférer devant les juridictions militaires compétentes ? C’est là où on parle de l’arrestation massive des officiers swahiliphones. En réalité, c’est un faux débat. Chacun est venu dans l’armée en tant que volontaire. Chacun pose les actes à titre individuel. Et lorsque ces actes vont à l’encontre de la loi, eh bien, l’autorité sanctionne individuellement les contrevenants. Et on ne peut pas venir nous parler des officiers swahiliphones qui sont ciblés. Il n’y a pas que les officiers swahiliphones, il y a aussi des officiers généraux d’autres espaces linguistiques qui sont aujourd’hui aux arrêts. Parler des officiers swahiliphones qui font qu’ils sont ciblés par l’armée, mais celui qui les arrête là, il est de quel espace ? Le Général Jules Banza Mwilambwe, mais il est de cet espace là [NDLR : l’espace linguistique]”, a déclaré le Général Sylvain Ekenge.
Poursuivant son propos, le porte-parole des FARDC a tenu aussi à clarifier la question relative à la rente des militaires, qui est également l’objet de plusieurs interprétations sur les réseaux sociaux. Il a précisé que la plupart de ceux qui évoquent le détournement du solde des militaires, ce sont plus les personnes qui n’ont pas rempli les conditions requises pour être bénéficiaires des avantages liés au travail de leurs pères, mères ou de leurs frères militaires.
Le Général Sylvain Ekenge fait voir par exemple que les enfants des militaires issus d’un mariage illégal n’ont pas le droit d’être pris en charge par l’armée. Cependant, il a indiqué que les Forces armées de la République s’éfforcent à créer d’autres mécanismes pour régler ces cas.
“La question, c’est dans la procédure. La plupart des veuves d’orphelins que vous voyez crier, ce sont des veuves et orphelins qui ne répondent pas aux critères“, a-t-il ajouté.
Il a conclu son propos, en rappelant les valeurs morales et les qualités professionnelles qui devraient caractériser un officier de l’armée. Parmi ces valeurs, il a cité notamment la personnalité, le devoir de réserve, la loyauté envers les institutions et l’honnêteté.
Fabrice Lukamba

