RDC: Le gouvernement se félicite de l’annulation de tous les actes administratifs, juridiques et judiciaires posés par l’AFC/M23

Successeur de Constant Mutamba, l’actuel ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, a présenté à la presse les avancées majeures enregistrées depuis qu’il est à la tête de ce ministère. À l’en croire, la grande réalisation a été l’initiation de la loi relative à l’annulation de tous les actes posés par les rebelles de l’AFC/M23 tant sur le plan administratif que juridique et judiciaire, laquelle a été promulguée par le chef de l’État.

Il souligne que cette loi a permis de protéger la souveraineté du pays. Celle-ci sera appliquée même si la paix est rétablie sur l’ensemble du territoire national.

D’abord, l’élément le plus important sur le plan de la souveraineté juridique et de la sécurité, puisque nous sommes en guerre, une avancée majeure a été réalisée avec la promulgation de l’ordonnance présidentielle, rendant nuls et de nul effet absolu, bien sûr, tous les actes administratifs, juridiques et judiciaires émanant du M23. Ça c’est important puisque lorsque la paix sera revenue, donc tous les actes qui ont été posés par ce groupe armé ne seront pas reconnus. Donc, zéro reconnaissance juridique des actes d’une rébellion armée. Ça, nous avons protégé ce que je considère comme notre souveraineté“, a-t-il déclaré, au cours du tout premier briefing presse animé conjointement avec son collègue de la Communication et médias, Patrick Muyaya Katembwe, ce jeudi 08 janvier 2026 à Kinshasa.

Outre cette loi, Guillaume Ngefa a cité plusieurs autres actions réalisées, parmi lesquelles l’application de l’impunité. À ce sujet, il a affirmé que plus de dix injonctions ont été données afin de sanctionner quiconque ayant commis un crime ou une infraction, sans distinction aucune. Selon le ministre, personne ne peut échapper aujourd’hui à la justice, quel que soit son rang.

Dans le même registre, j’ai donné une dizaine d’injonctions emblématiques. Il y a eu plusieurs qui ont été adressées aux juridictions, aussi bien civiles que militaires, pour la poursuite des auteurs des crimes. Et là c’est très important, puisque les injonctions emblématiques ont touché ceux que la population considérait dans un premier temps comme des intouchables. Aujourd’hui, tout le monde, chacun qui commet des infractions, quel que soit son rang, il sera tenu responsable“, a-t-il fait savoir.

Il a pris l’exemple des sanctions disciplinaires, voire pénales, infligées à certains magistrats, après avoir réceptionné près de 324 dossiers ouverts à leur charge.

Sur le plan disciplinaire, plusieurs dénonciations émanant de justiciables et des avocats ont été traitées. Nous avons reçu 324 dossiers ouverts à charge des magistrats, dont certains ont été condamnés à des peines disciplinaires, et d’autres condamnés au pénal. Bien-sûr, il y a eu des révocations (…) traduisant ainsi une nette rupture avec la culture de l’impunité“, poursuit Guillaume Ngefa.

Et de poursuivre : “J’ai eu des contacts avec les différents bâtonniers, pour que ceux qui participent dans la chaîne criminelle, puissent être tenus responsables. Donc, des avocats, huissiers de justice et autres membres du personnel judiciaire impliqués dans ces actes là, n’ont pas été épargnés“.

Rappelant que la lutte contre la corruption fait également partie intégrante de son action à la tête du ministère de la Justice, ce membre du gouvernement Suminwa II dit avoir donné à peu près 13 injonctions, adressées spécialement au procureur général près la Cour de cassation, suite à plusieurs dénonciations venues des différentes institutions et des particuliers, environ quatre cents. Il signale que la plupart de ces dénonciations touchent en grande partie le secteur foncier avec des cas de spoliation récurrents des biens de l’État.

La lutte contre la corruption a été l’une de nos priorités. Nous avons reçu plus de quatre cents dénonciations émanant des institutions étatiques, y compris les ministères et les particuliers (…). 30% concernent les biens fonciers et immobiliers de l’Etat. À cet égard, 13 injonctions encore emblématiques formelles adressées au procureur général près la Cour de cassation sur ces dossiers sensibles, donc liés à la spoliation immobilière et la fraude“, dit le ministre de la Justice.

En outre, il a indiqué qu’un cadre permanent de concertation intersectoriel a été mis en place pour lutter contre les spoliations. Il a, à cet effet, salué la nouvelle loi foncière, qui prévoit, fait-il constater, “la responsabilité pénale individuelle des conservateurs des titres immobiliers ainsi que d’autres agents, s’ils sont impliqués dans la chaîne de valeurs de la spoliation”.

Une autre avancée enregistrée est ce que le ministre de la Justice a appelé “la courtoisie judiciaire” avec plusieurs pays partenaires de la RDC. Cette coopération, a dit le ministre qui a déclaré que l’État congolais s’engage à faire jouer “le principe de la réciprocité” pour la situation des Congolais vivant à l’étranger, a permis le transferment des détenus.

Il a terminé par évoquer de l’ordre mis dans les demandes de libération conditionnelle de détenus. 270 détenus sur 800 dossiers de demandes de libération conditionnelle ont pu bénéficié de la libération après examen, infome-t-il.

Quant à son collègue de la Communication et médias, ce dernier a profité de l’occasion pour parler du dernier déplacement du président de la République en Angola. Patrick Muyaya a indiqué que le chef de l’État était allé répondre à une invitation de son homologue João Lourenço. La situation sécuritaire à l’Est de la RDC a été au centre de leurs discussions.

Fabrice Lukamba