Lors de l’ouverture de la session ordinaire de septembre 2024, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a annoncé des actions décisives pour renforcer le contrôle parlementaire. Ce lundi, il a souligné l’importance de la collaboration entre le Parlement et deux institutions clés de contrôle financier de l’État congolais : l’Inspection Générale des Finances (IGF) et la Cour des Comptes.
Dans son discours, Kamerhe a mis l’accent sur la nécessité d’améliorer la gestion des finances publiques afin d’assurer une transparence totale dans l’utilisation des ressources de l’État. « Aucune réforme budgétaire ne portera ses fruits si nous n’améliorons pas la gestion des finances publiques. Il nous faut intensifier nos efforts pour assurer la transparence et la redevabilité dans l’utilisation des ressources de l’État », a-t-il déclaré.
Il a ensuite annoncé des rencontres imminentes avec les responsables de la Cour des Comptes et de l’IGF, dont l’expertise sera sollicitée pour appuyer le contrôle parlementaire tout au long de cette législature. Ces institutions, dont les rôles ont été revitalisés sous la présidence de Félix Tshisekedi, ont été au centre de la lutte contre la corruption et le détournement des fonds publics.
Cependant, malgré leurs efforts, les observateurs constatent une augmentation des cas de détournement non sanctionnés, une réalité que Kamerhe et l’Assemblée nationale entendent rectifier à travers un contrôle rigoureux et des réformes renforcées.
### L’Inspection Générale des Finances et la Cour des Comptes, piliers du contrôle financier
Créée par l’Ordonnance n°87-323 du 15 septembre 1987, l’IGF est rattachée à la Présidence de la République et détient une compétence étendue en matière de contrôle des finances publiques. Ses actions de vérification couvrent tant les opérations financières de l’État que celles des entités décentralisées, des établissements publics et des entreprises bénéficiant de l’aide de l’État.
Depuis sa redynamisation, l’IGF a mené plusieurs missions ayant permis d’accroître les recettes publiques de l’État congolais, notamment à travers la lutte contre la fraude et le détournement. L’institution effectue également des contre-vérifications sur des dossiers fiscaux, douaniers et parafiscaux, sur réquisition des autorités judiciaires ou administratives, ou à la suite de dénonciations.
De son côté, la Cour des Comptes, organe de contrôle judiciaire, a également plaidé récemment pour un renforcement de ses capacités afin d’améliorer l’exercice de ses missions. Sa collaboration avec l’Assemblée nationale pourrait jouer un rôle central dans le renforcement de la gouvernance publique et la gestion rigoureuse des finances nationales.
En s’appuyant sur ces deux piliers, Vital Kamerhe entend redonner au Parlement congolais les moyens d’un contrôle efficace, en phase avec la volonté politique du chef de l’État de lutter contre la corruption et de promouvoir la bonne gouvernance.
GNM

