Les Congolais qui ont trouvé refuge en Tanzanie et au Burundi à cause de la guerre dans l’Est du pays se trouvent dans une situation jugée très préoccupante. Les pays d’accueil ont montré leurs limites pour les prendre tous en charge. Ce qui a obligé le gouvernement congolais à intervenir vite pour leur apporter l’assistance humanitaire, même si en droit humanitaire international c’est le pays d’accueil qui s’occupe directement des réfugiés se trouvant sur son sol.
De retour d’une mission dans ces deux pays voisins de la RDC, la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Ève Bazaiba Masudi, a indiqué qu’au Burundi par exemple, le gouvernement congolais était-ce le premier à intervenir dans le cadre de l’assistance humanitaire, après l’appel à l’aide lancé par ce pays.
“Qu’est-ce que nous avons trouvé là-bas ? Nous devons dire c’est une tragédie humaine, c’est une désolation. Moi-même je me sens révoltée de voir les compatriotes souffrir ainsi. Ils n’ont pas fui la République démocratique du Congo parce qu’il y a la misère, il n’ont pas fui le pays parce qu’il y a des problèmes climatiques, mais ils ont fui le pays à cause des hostilités dont ils sont victimes, à cause de l’agression rwandaise, perpétrée par les supplétifs M23. Les populations sont dans une situation difficile. Le Burundi avait lancé l’appel, vous le savez. Au Burundi, ça ne vient pas de moi, le HCR qui est là est témoin, la RDC se trouve être le premier donateur. Et c’est un devoir pour nous, parce que ce sont nos compatriotes, quand bien même nous avons là dérogé à la règle. Car, par principe, en droit humanitaire international, le pays d’origine n’intervient pas directement envers ses ressortissants quand ils ont le statut de réfugié. Mais en situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle“, a-t-elle déclaré, au cours d’un briefing presse animé conjointement avec son collègue de la Communication et médias, Patrick Muyaya Katembwe, ce samedi 17 janvier 2026, en direct de la Radio télévision nationale congolaise (RTNC).
“Vous avez affaire à des Congolais qui sont en rupture scolaire, rupture d’éducation, qui vivent concentrés. La vie n’est pas normale. En Tanzanie comme au Burundi, nous sommes intervenus avec de l’aide humanitaire, constituée des vivres et des non-vivres“, poursuit-elle.
D’après les données rendues publiques par la ministre des Affaires sociale sociales, le Burundi accueille aujourd’hui près de 250 000 réfugiés congolais, répartis dans 7 sites. Parmi eux, il y a des enfants. Tandis qu’en Tanzanie, c’est environ 87 000 Congolais qui y ont trouvé un refuge, sans compter 28 naissances enregistrées dès l’arrivée de l’équipe gouvernementale.
“Les populations sont dans une situation difficile. Au Burundi, globalement, il y a environ 250 000 Congolais de toutes les vagues. Les 250 000 sont parsemés dans environ 7 sites, et le gros lot se trouve dans le site de Busuma, où vous avez 67 000 compatriotes, dont 30 000 enfants à peu près et 2200 enfants, selon les statistiques que nous avons, non accompagnés. Le chiffre en Tanzanie, c’est environ 87 000 Congolais. Il y a plusieurs vagues de Congolais, la dernière vague de Congolais c’est 10 000. Dans les 87 000 vous avez 50 000 enfants de 0 à moins de 18 ans. À notre présence d’ailleurs il y a eu 28 naissances le même jour nous sommes arrivés“, a précisé Ève Bazaiba Masudi.
Cette mission humanitaire effectuée par le gouvernement fait suite à la recommandation donnée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, au cours d’une réunion du Conseil des ministres.
Fabrice Lukamba

