Retrait du café et cacao congolais du marché européen : Kinshasa prévoit un dialogue avec l’UE pour faire valoir son point de vue

Le gouvernement congolais annonce quelques mesures à la suite de la décision de l’Union européenne (UE) relative au retrait du café et cacao congolais du sol européen. Parmi ces mesures, il y a le renforcement du dialogue entre la RDC et l’UE afin de faire valoir le point de vue du pays à propos de cette décision.

La Mission de l’Organisation des Nations-Unies pour la stabilisation en RDC, MONUSCO, devrait également prendre part à ce dialogue.

C’est ce qu’a annoncé le ministre du Commerce extérieur, lundi 30 décembre, au cours du dernier Briefing presse de l’année 2024, co-animé avec son collègue de la Communication et Médias Patrick Muyaya Katembwe.

Julien Paluku Kahongya estime que cette mesure de l’UE ne pourrait pas être appliquée à la RDC, étant donné que le niveau de déforestation du pays est seulement de 0,03% de déforestation par an. Il a même fait savoir que la RDC possède aujourd’hui près de 150 millions d’hectares de forêts.

La décision de l’UE découle de l’application de la réglementation européenne dénommée « zéro déforestation », qui interdit l’importation des produits agricoles issus de terres où il y a eu déforestation après le 31 décembre de l’année 2020.

« Nous allons renforcer le dialogue avec l’Union européenne. Une tripartite Union européenne_MONUSCO- gouvernement, pour faire valoir les points de vue du gouvernement », a-t-il annoncé.

Et de poursuivre : « Le président de la République, l’ensemble du gouvernement, prennent à bras-le-corps la question de cette mesure de l’Union européenne, tendant à restreindre l’entrée du cacao et du café sur le sol européen. La motivation, elle est fondée, lorsque l’Union trouve qu’on ne doit pas accepter des produits qui sont issus de la déforestation. Mais, par contre, le gouvernement congolais a tenu à communiquer à l’opinion que le café et le cacao congolais ne sont pas issus des espaces victimes de déforestation. Le café et le cacao congolais sont issus des terres arables. La RDC a 150 millions d’hectares de forêts. Mais à côté de 150 millions d’hectares de forêts, nous avons 80 millions d’hectares de terres arables. Donc, lorsque nous cultivons sur les 80 millions d’hectares arables, nous ne violons pas le principe de déforestation, parce que nous n’avons pas touché aux 150 millions d’hectares. Logiquement, on ne peut pas sanctionner la RDC pour un motif comme celui lié à la déforestation ».

Dans la foulée, le ministre du Commerce extérieur a fait savoir que l’UE venait de repousser au 30 décembre 2025 l’application de sa décision, initialement prévue pour le mois de janvier de la même année.

Fabrice Lukamba