Sud-Kivu : Le gouverneur Jean-Jacques Purusi accuse le Rwanda de déportation dans la localité de Minembwe

La localité de Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, a été en début de l’année 2026 le théâtre de violents affrontements entre les Forces armées congolaises et le groupe armé Twirwaneho, allié de l’AFC/M23. Le gouverneur de la province en accuse le Rwanda, qui, d’après lui, aurait voulu déporter la population locale, particulièrement la communauté Banyamulenge.

Jean-Jacques Purusi a dénoncé cette situation, ce jeudi 02 avril, au cours d’un briefing presse consacré à la situation sécuritaire et humanitaire dans la province du Sud-Kivu, co-animé avec le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya Katembwe.

Il affirme que c’est la même opération que le Rwanda a menée à Uvira, après la défaite enregistrée avec ses supplétifs de l’AFC/M23.

Il y a tout simplement une tactique bien structurée, bien organisée par le Rwanda. Le Rwanda est en train de perdre. Nous sommes en train de gagner partout. Le Rwanda a compris qu’il est en train de perdre la guerre dans les hauts plateaux (…), il est en train de mener la même tactique qu’ils ont menée avant de quitter Uvira. Avant de quitter Uvira, ils sont partis dans les zones peuplées par les communautés Banyamulenge (…), ils ont forcé ces populations à les suivre. Donc, il s’agit d’une tactique de déportation (…). C’est la même tactique qui est en train d’être utilisée à Minembwe“, a-t-il déclaré.

Il a profité de l’occasion pour saluer la résistance de la population face à cette manœuvre de la part du Rwanda.

Mais une grande partie de ces populations Banyamulenge a refusé de les suivre“, laissé entendre Jean-Jacques Purusi.

En vue de la restauration de l’autorité de l’État depuis son arrivée à la tête de la province, le gouverneur Purusi a indiqué qu’en plus de l’appui du gouvernement central, le gouvernement provincial a mis en place quelques mécanismes, parmi lesquels un cadre permanent de concertation pour la gestion de la sécurité dans la province. Ce qui, a-t-il dit, a permis le redémarrage des activités, notamment au niveau des institutions provinciales.

À l’heure qu’il est, les institutions sont de retour. Au niveau de la province du Sud-Kivu, nous avons créé un certain nombre de mécanismes pour renforcer l’autorité de l’État, notamment nous avons créé un cadre permanent de concertation pour la gestion de la crise sécuritaire au Sud-Kivu. Ce cadre permanent est constitué de volontaires pour la défense de la patrie, les membres du Conseil de sécurité, c’est-à-dire les FARDC, les services aux frontières“, a-t-il indiqué.

Au cours de ce briefing presse, le gouverneur est revenu également sur la crise humanitaire créée par l’insécurité dans la province. À l’en croire, près d’un million deux cents mille personnes ont été forcées aujourd’hui au déplacement, tandis que 800 Congolais ont trouvé refuge en Tanzanie et au Burundi.

Fabrice Lukamba