Le virus Ebola de souche Bundibugyo qui sévit actuellement dans la partie Est de la République démocratique du Congo n’a pas encore de vaccin. Le gouvernement congolais a opté pour les mesures de santé publique pour rompre la chaîne de transmission, une stratégie qui a permis d’éradiquer au moins 15 épidémies dans le passé.
Au cours d’un briefing presse avec le ministre de la Santé et celui de la Communication et médias, ce mardi 19 mai 2026, le virologue et directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le docteur Jean-Jacques Muyembe Tamfum, a affirmé que la RDC possède déjà l’expertise nécessaire pour gérer toutes ces épidémies.
“Malheureusement pour la souche Bundibugyo, on n’a pas fait beaucoup d’études ici dans notre pays et nous n’avons pas encore le vaccin. Mais je pense que dans les jours à venir, on va certainement mettre en place le candidat vaccin. De toute façon, nous devons savoir que sur les 17 épidémies que nous avons connues en RDC, c’est pour cela que nous disons que nous possédons l’expertise nécessaire pour gérer toutes ces épidémies. De ces 17 épidémies, 15 ont été contenues sans recours à des contre-mesures médicales. On n’a pas utilisé le vaccin, on n’a pas utilisé les médicaments. C’est simplement les mesures de santé publique. C’est-à-dire le but c’est de rompre la chaîne se transmission du virus, en isolant les malades, en protégeant le personnel médical (…), et puis également en veillant à ce que les enterrements se passent de manière sécurisée“, a-t-il déclaré.
Présentant pour sa part la situation de l’évolution de l’épidémie, le ministre de la Santé a indiqué que la maladie a tué déjà 139 personnes, 543 contaminations ont été enregistrées, et près de 69 malades sont dans les différents centres de traitement.
“Pour les échantillons que nous avons reçus et analysés au niveau de nos laboratoires, notamment l’INRB, on a à peu près 32 cas positifs. Sur le nombre de décès, nous sommes aujourd’hui à 136 décès probables. Nous avons 69 malades qui sont dans les centres de traitement. Nous sommes autour de 543 à peu près malades probables dans la communauté“, a informé le docteur Samuel Roger Kamba.
“Nous sommes en train de continuer la recherche active de tous les cas“, a-t-il ajouté.
Actuellement, la maladie sévit dans 4 zones de santé de la province de l’Ituri (Bunia, Rwampara, Mongbwalu et Nyankunde), en plus des cas signalés à Butembo et à Goma.
Cependant, le ministre de la Santé et le directeur général de l’INRB ont affirmé que la souche Bundibugyo est un virus moins pathogène que Ebola Zaïre. Elle présente une mortalité d’environ 40%, contre plus de 80 % pour la souche Zaïre.
Pour rappel, le virus Ebola de souche Bundibugyo a été déclaré le 15 mai dernier dans la province de l’Ituri. C’est la 17ème épidémie que la RDC puisse connaître.
Fabrice Lukamba

