Accord de Washington: Le gouvernement rejette la thèse “accord de 99 ans d’exploitation” et parle plutôt d’un “partenariat stratégique” avec les USA

En RDC, les propos de monseigneur Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qualifiant l’accord de Washington “d’un accord de 99 ans d’exploitation des ressources minières congolaises”, ont suscité des vives réactions dans le pays. Le gouvernement s’est vu dans l’obligation d’apporter un éclairage sur cette convention. Au cours d’un briefing presse animé conjointement avec son collègue de la Communication et médias, le mardi 30 décembre 2025, le vice-premier ministre et ministre de l’Économie nationale, qui a pris part à la conclusion finale de cet accord, a expliqué que deux documents ont été signés entre les USA et la RDC, à savoir : l’accord de partenariat stratégique et un mémorandum d’entente sur la sécurité. Il s’est appesanti sur le partenariat stratégique qui concerne le domaine économique. Il a expliqué que ce partenariat stratégique n’est rien d’autre que le partage d’une vision commune entre la République démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique, dans le cadre des relations bilatérales qui existent depuis plusieurs décennies entre les deux pays.

Il est évident qu’il y a un besoin que nous puissions mieux vulgariser les documents qui ont été signés entre la République démocratique du Congo et les Etats-Unis d’Amérique. Il s’agit de deux documents qui ont été signés entre les USA et la RDC. Le premier, c’est l’accord de partenariat stratégique, signé du côté américain par le secrétaire d’État Rubio, et du côté congolais, par moi-même ; Et puis, un deuxième document, un mémorandum d’entente sur les questions de sécurité, qui a également été signé du côté américain par le secrétaire d’État Rubio, et du côté congolais par madame la ministre d’État et ministre des Affaires étrangères. Le partenariat stratégique, ça signifie deux Etats qui partagent une vision commune (…). Entre la République démocratique du Congo et les États-Unisd’Amérique, nous avons des relations diplomatiques anciennes. Nous avions un texte qui date d’août 1984. C’est un texte qui définissait le cadre d’encouragement et de protection des investissements entre les deux pays. Ce qu’on a fait le 4 décembre, c’est qu’on est passé d’un niveau des relations de coopération bilatérale à un niveau de partenariat stratégique”, a déclaré Daniel Mukoko Samba.

Pour lui, cet accord présente plusieurs avantages pour la République démocratique du Congo. Il a indiqué par exemple que c’est à la RDC de désigner des projets qu’elle va juger stratégiques sur les trois qu’on trouve dans cet accord, conformément à l’article 5 de la convention.

Ce sont des projets, a affirmé Daniel Mukoko Samba, qui vont “transformer le pays surtout sur le plan industriel, renforcer les infrastructures et soutenir également la paix, la stabilité et la restauration de l’autorité de l’État”.

Selon lui, un autre avantage de cet accord serait le fait que la RDC aurait rejoint un “club très restreint des pays africains, à qui le gouvernement américain reconnaît le statut des partenaires stratégiques”.

Montrant qu’il ne s’agit pas de la volonté de Washington, le vice-premier ministre et ministre de l’Économie a fait savoir que chacune des parties est libre et peut aussi s’en retirer, cela après un préavis de 5 ans, tel que fixé par la convention signée.

Il a en outre signalé qu’un comité conjoint de pilotage, composé de dix représentants, en raison de cinq par pays, a été mis en place pour gérer et faire le suivi dudit accord.

Fabrice Lukamba