L’équipe de riposte contre Ebola Bundibugyo a fait le point de la situation actuellement dans les zones affectées. De retour d’une mission effectuée à Bunia, en Ituri, le directeur général de l’Institut national des recherches biomédicales (INRB), le professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum, a exprimé sa satisfaction quant à l’évolution de lutte contre la maladie. C’était au cours d’un briefing presse avec le ministre de la Communication et médias, ce mardi 15 septembre 2026, auquel a également pris part le directeur de la recherche, essais cliniques et innovation à Africa CDC, le professeur Placide Mbala.
D’après les conclusions de sa mission, la gestion de l’épidémie a été améliorée, et il y a eu également amélioration des « paramètres du virus ».
« Moi je suis habitué aux épidémies de maladie à virus Ebola, j’étais plutôt agréablement surpris de n’entendre aucun cri de pleurs des femmes (…), je n’ai pas vu de corbillards, je n’ai pas vu d’ambulances dans tous ces centres. Alors je me demandais, où est l’épidémie en question ? Ce qui veut dire que le nombre de décès a baissé dans ces hôpitaux. C’est la conclusion que j’ai tirée. Ça montre qu’il y a quelque chose qui change, il y a une nette amélioration dans la gestion de l’épidémie et nette amélioration des paramètres« , a-t-il laissé entendre.
Le professeur Jean-Jacques Muyembe a évoqué aussi l’amélioration de certains indicateurs de surveillance. Il indique que le suivi des contacts est passé de 40% à 80%.
« Et nous avons constaté également que certains indicateurs de la surveillance sont nettement améliorés. Par exemple, les listages exhaustifs des contacts sont là, et le suivi des contacts est parti de moins de 40% à maintenant plus que 80%. Donc, plus de 80% de contacts de cas positifs sont réellement suivis pendant 21 jours. En principe, il faut arriver jusqu’à 85-100%« , a-t-il déclaré.
Dans ce même cadre, il a signalé qu’actuellement le pays compte au moins 24 laboratoires. Ce qui facilite les analyses sur place.
« Quand nous prenons d’autres facteurs comme des laboratoires, nous sommes partis de deux laboratoires, un ici à Kinshasa, un autre à Bunia. Maintenant, nous avons 24 laboratoires. Quand nous avions commencé la lutte, les analyses laboratoires sont faites à l’étranger. Maintenant, en pleine brousse, nous mettons le laboratoire pour tester la maladie à virus Ebola« , s’en réjoui-t-il.
Un autre bon signe, a dit le virologue, c’est le fait d’avoir pu constater que les contacts dans les communautés viennent d’eux-mêmes aux centres de traitement et surtout aux centres de prophylaxie, après sa visite au centre d’essais cliniques à Rwampara, au Centre médical évangélique et à Samaritan’s Purse.
Il sied de rappeler que ça fait déjà quatre (4) mois depuis que Ebola de souche Bundibugyo a été déclaré dans le pays.
Fabrice Lukamba

